Construit en 1973 au-dessus d’une ancienne caserne de pompiers, l’accès au comptoir d’accueil du théâtre de Corbeil-Essonnes se fait par 2 grandes volées de marches séparées en leur milieu par une rampe sculpture emblématique du lieu. Lors de la rénovation complète du lieu décidée par l’agglomération Grand Paris Sud, ce bel ouvrage n’était plus que l’ombre de lui-même suite à des dizaines de bons et loyaux services et à un manque d’entretien indispensable à ce type de réalisation.

Sollicités pour notre expertise en conservation / restauration du Patrimoine ancien et contemporain, nous avons relevé le pari de rendre à ce lieu toute la mise en scène crée par cette rampe avant même l’accès du public au spectacle !

Le premier défi de ce beau chantier a d’abord consisté à travailler parmi tous les autres corps de métiers présents ( électriciens, menuisiers, maçons, métaliers…) avec les déplacements et dégâts éventuels que cela suppose. Pour ce faire, la première intervention a consisté à protéger la rampe par un assemblage de panneaux permettant de la mettre « sous cloche » tout en travaillant sur un côté.

La rampe protégée, est venu la phase de déplaquage des marqueteries en placage d’acajou pour enlever la colle de type néoprène vieillissant très mal et provoquant de très nombreux décollements, puis de restaurer les supports en courbes très dégradés.
Une fois ces travaux réalisés, les placages en soleil précieusement conservés et numérotés ont été replaqués à la colle forte ( colle chaude d’os et de nerfs au bain-marie ), celle-ci acceptant beaucoup mieux la dilatation des bois tout en ayant une réversibilité permettant des interventions ponctuelles d’entretien beaucoup plus aisées.
La finition de l’ensemble est réalisée à base de vernis gomme laque comme au XVIIIème siècle !

Une fois franchit le seuil du bâtiment, le spectateur entreprend sa première montée des marches. Comme une vague de bois, une rampe d’escalier le conduit au comptoir d’accueil. Emblématique du lieu, cette rampe marine tout en courbes douces à une histoire :
Son enveloppe de bois crée à la construction du théâtre en 1973 a été restaurée dans les règles de l’art par les Ateliers Deramaix, les enfants l’ont surnommé « la baleine » !
Extrait du journal de l’agglomération Grand Paris Sud en 2017.